Lorsque des aquifères souterrains et fleuves se trouvent dans le même bassin hydrologique, il est possible de les gérer comme un tout. Cette pratique est connue sou le nom d'«emploi combiné» et elle permet une exploitation judicieuse et efficace des ressources, de surface et souterraines.
La gestion combinée peut tout simplement révolutionner nos habitudes d'exploitation de l'eau. Les dirigeants des communautés peuvent décider de ne pas toucher les nappes souterraines pendant les années pluvieuses ou la saison de la mousson lorsque les eaux de surface sont abondantes. Une telle politique permettrait de réserver les nappes souterraines pour les périodes sèches, saisonnières ou prolongées.
Pour le reste, les aquifères ne seraient pas exploités et pourraient se recharger naturellement par infiltration et autres processus du cycle de l'eau.
D'autres emplois combinés plus complexes impliqueraient des investissements d'infrastructure à grande échelle. Il s'agirait de capter l’eau de pluie ou de détourner et d'emmagasiner les eaux de ruisellement. Dans des réseaux de ce type, l'eau de surface excédentaire pourrait être canalisée vers des étangs, marais ou autres plans d'eau naturels, s'infiltrer dans la terre et recharger les nappes phréatiques.
Dans certains cas, l'eau de surface excédentaire pourrait être amenée sous terre de manière plus active, en l'injectant dans des puits alimentant les nappes souterraines ou à l'aide d'autres technologies d'alimentation des nappes phréatiques. Ces processus sont ceux de l'apport artificiel. Les aquifères souterrains assurent aussi, en comparaison avec les eaux de surface, une bonne protection contre l'évaporation, et l'apport artificiel pourraient remplir même des aquifères captifs isolés du réseau de surface. Par contre les barrages et réservoirs peuvent recevoir d'importants volumes d'eau excédentaire en peu de temps, capacité qui manque aux aquifères rechargés artificiellement.
L'emploi combiné permet de tirer parti des avantages à la fois des ressources de surface et souterraines tout en minimisant leurs défauts. Le résultat final est une meilleure exploitation de l'eau.